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Les Cyclades, stars absolues des croisières méditerranéennes, viennent d’instaurer un “landing fee” qui fera date. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, chaque passager descendant d’un paquebot dans les deux îles les plus convoitées devra s’acquitter de 20 euros. L’objectif ? Freiner le surtourisme qui asphyxie Santorin et Mykonos, et financer la rénovation d’infrastructures saturées.
Adoptée via la loi 5162/2024, la taxe s’applique en haute saison, du 1ᵉʳ juin au 30 septembre. Elle tombe à 12 € en octobre puis à 4 € de novembre à mars. Hors Santorin et Mykonos, le barème est plus doux : 5 €, 3 € et 1 € selon la période. Le dispositif, exonéré de TVA, sera perçu à la descente du navire par l’agent maritime ou la compagnie de croisière.
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Où ira l’argent de la taxe ?
Le texte répartit équitablement les recettes : un tiers pour la municipalité d’accueil, un tiers pour le ministère de la Marine marchande, un tiers pour le ministère du Tourisme. Athènes table sur 50 millions d’euros annuels, destinés en priorité au renforcement des quais, à la gestion des déchets et à l’alimentation en eau pendant les pics d’affluence.
En 2024, les ports grecs ont enregistré 5 490 escales de croisière et 7,93 millions de passagers, +13 % en un an. Santorin en a accueilli 1,34 million, Mykonos 1,29 million. Les navires arrivent parfois plus vite que les camions-poubelles ; l’île volcanique a déjà fixé un plafond de 8 000 croisiéristes quotidiens, souvent atteint dès 9 h du matin.
Une réponse à le surtourisme, pas seulement un impôt de plus
Embouteillages dans les ruelles de Fira, pénuries d’eau, pics de pollution aux particules fines : le diagnostic est lourd. « Cette redevance doit aider à rétablir l’équilibre entre visiteurs et capacité d’accueil », plaide Eleni Scarvelis, directrice UK de l’Office national hellénique du tourisme.
Du côté des habitants, le ton est partagé : certains commerçants jugent la mesure “indolore” pour un public qui dépense volontiers davantage dans les beach-clubs, d’autres redoutent un détournement des flux vers des îles moins taxées.
Qui paiera, et comment ?
Techniquement, le droit d’accostage figure déjà sur les manifestes remis aux autorités portuaires ; il peut être répercuté dans le prix de la croisière ou facturé en supplément sur la carte cabine, comme les taxes portuaires classiques. L’agent local reste solidaire du paiement ; en cas de non-versement sous 30 jours, des pénalités majorées de 100 % sont prévues.
« Inéquitable », réagit Celestyal Cruises, qui dénonce une mesure ciblant uniquement les navires alors que l’aérien apporte bien plus de touristes journaliers. Le directeur du port de Mykonos parle même de “concurrence déloyale” avec les destinations voisines.
Venise fait payer 5 € ses excursionnistes ; Barcelone et Amsterdam taxent déjà les paquebots ; Lisbonne s’apprête à le faire. En imposant 20 €, Athènes envoie un signal fort : les paradis ne seront plus gratuits.
Ce que cela change pour les voyageurs
Pour un couple et deux enfants, débarquer à Santorin représentera 80 € supplémentaires en plein été. La somme reste modeste rapportée au budget global, mais mieux vaut l’anticiper. Les croisiéristes sensibles à la foule pourront préférer l’avant-saison (avril-mai) où la taxe tombe à 12 € et l’île retrouve un peu de souffle. Autre option : explorer des îles moins médiatisées — Milos, Syros, Naxos — où l’écotaxe plafonne à 5 €.