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Capitale des empires et métropole du présent, Istanbul n’est pas une « ville-musée » figée : c’est une scène vivante où le muezzin répond au marchand de simit, où les tramways frôlent les vestiges byzantins et où l’art contemporain regarde le Bosphore. Voici tout ce qu’il faut savoir pour préparer votre voyage, puis une sélection d’incontournables — avec, en bonus, quelques alternatives locales pour sortir des sentiers battus. On regarde ensemble ce qu’il faut faire à Istanbul, le temps d’un (merveilleux) voyage.
🗒️ Période, hôtels : ce que vous devez savoir avant de visiter Istanbul
Avant de nous arrêter sur les choses à faire à Istanbul, voici quelques conseils utiles. La métropole est vaste, magnétique et parfois déroutante : avec quelques repères (période idéale, quartiers où dormir, transports, pass musées, étiquette dans les mosquées, etc.), vous gagnerez un temps précieux et profiterez au mieux de vos journées.
Quelle est la meilleure période pour visiter Istanbul ?
Le printemps (avril–juin) et l’automne (septembre–octobre) offrent les meilleures conditions : températures douces, lumière limpide sur le Bosphore et moindre affluence que l’été. Juillet–août sont plus chauds et chargés, tandis que l’hiver peut être humide, avec de belles lumières et souvent moins de monde (idéal pour les musées). Prévoyez une veste coupe-vent pour les traversées en ferry et des chaussures confortables pour les pavés de l’ancienne Constantinople.
Combien de jours faut-il prévoir ?
Trois jours pleins constituent un bon minimum pour couvrir les essentiels de Sultanahmet (Sainte-Sophie, Mosquée Bleue, Topkapi, citerne), une croisière sur le Bosphore, Galata–Karaköy et un saut sur la rive asiatique (Kadıköy/Moda ou Üsküdar). Avec cinq jours, vous ajoutez Dolmabahçe, les quartiers de Balat et Fener, un hammam authentique et, en saison, une escapade vers les îles des Princes.
Comment se déplacer facilement (métro, tram, ferries) ?
La carte Istanbulkart reste la solution la plus simple (vente et rechargement aux machines jaunes/bleues des stations et embarcadères). Elle fonctionne sur le tram T1, le métro, les bus, les funiculaires, les ferries publics et le Metrobus. À noter : les cartes bancaires sans contact sont désormais acceptées sur la plupart des réseaux (bus, métro, tram, ferries), pratique en dépannage ; l’Istanbulkart demeure toutefois la plus économique et la plus universelle, notamment pour les correspondances.
Comment rejoindre le centre depuis les aéroports (IST et SAW) ?
Depuis Istanbul Airport (IST), la ligne de métro M11 relie directement Gayrettepe (correspondance avec la M2 vers Taksim/Sultanahmet via Yenikapı). C’est l’option la plus régulière et souvent la plus rapide en heure de pointe. Des navettes Havaist complètent le dispositif vers Taksim, Beşiktaş, Kadıköy, etc. Depuis Sabiha Gökçen (SAW), optez pour le métro M4 (vers Kadıköy) ou les navettes.
Le Museum Pass Istanbul est-il avantageux ?
Le Museum Pass Istanbul (validité 5 jours consécutifs à l’activation) permet un accès coupe-file à un ensemble de sites gérés par les autorités culturelles (dont Topkapi, Musées archéologiques, Musée des arts turcs et islamiques, etc.). Il ne couvre pas Sainte-Sophie (désormais mosquée) et n’inclut pas toujours les expositions temporaires/audioguides. Rentable si vous prévoyez d’enchaîner plusieurs musées sur une courte période.
Où dormir à Istanbul (quartiers) ?
Pour un premier séjour, Sultanahmet séduit par la proximité immédiate des monuments (ambiance plus calme le soir). Karaköy–Galata offre le meilleur équilibre entre charme historique, restaurants, cafés, musées (Istanbul Modern) et liaisons ferry ; parfait pour sortir. Beyoğlu (vers Cihangir) est vivant et créatif ; Nişantaşı plaira aux amateurs de shopping chic ; Kadıköy/Moda côté asiatique, plus local et convivial, donne accès à d’excellents restaurants et aux ferries pour Eminönü/Karaköy.
Trois hôtels populaires à tester
Icône de Beyoğlu, Pera Palace marie histoire (salon Agatha Christie, art nouveau) et vues sur la Corne d’Or. À Sultanahmet, le Four Seasons Hotel Istanbul at Sultanahmet occupe un bâtiment emblématique et se trouve à quelques pas de Sainte-Sophie et de la Mosquée Bleue. À Karaköy, The Bank Hotel Istanbul (ancien siège bancaire) séduit par ses volumes, son rooftop et sa proximité avec Galataport et Istanbul Modern.
Quels restaurants tester pour une première découverte ?
Réservez une table chez Karaköy Lokantası (mezzés maison et plats du jour façon esnaf lokantası), traversez le Bosphore pour la cuisine anatolienne de Çiya Sofrası (Kadıköy), goûtez les baklavas mythiques de Karaköy Güllüoğlu, et essayez les köfte historiques de Tarihi Sultanahmet Köftecisi. Ces adresses, populaires mais de qualité constante, donnent un excellent aperçu des saveurs stambouliotes.
Est-ce une ville chère ? Comment payer ?
Les tarifs ont augmenté ces dernières années, mais Istanbul reste plus abordable que de nombreuses capitales européennes. Les paiements par carte bancaire sont largement acceptés (gardez tout de même des lires pour les petits achats et les machines de transport) ; évitez de changer de grosses sommes aux bureaux de change des zones hyper touristiques.
Sécurité : quels réflexes adopter ?
Istanbul est globalement sûre pour les voyageurs, avec les précautions de bon sens des grandes villes : surveiller ses effets dans les foules (tram T1, bazars), vérifier le prix avant de monter en taxi (utilisez IBB Taksi), et privilégier les opérateurs officiels (ferries Şehir Hatları, musées, hammams reconnus).
Quelles règles d’étiquette pour visiter les mosquées ?
Habillez-vous de façon couvrante (épaules et genoux), retirez vos chaussures et restez silencieux ; les femmes couvrent la tête (foulards disponibles aux grandes mosquées). L’accès des visiteurs est suspendu pendant les cinq prières quotidiennes et le vendredi midi. Ces règles sont simples et contribuent à une visite respectueuse.
🔝 Quelles sont les choses incontournables à faire à Istanbul ?
Allez, passons désormais au cœur de notre sujet, et voyons ensemble quelles sont les choses à faire à Istanbul. Seulement les incontournables, évidemment.
Visiter Sainte-Sophie (Ayasofya-i Kebir Cami-i Şerifi)
Chef-d’œuvre byzantin devenu mosquée, Hagia Sophia bouleverse par ses volumes, ses marbres et ses mosaïques. Depuis sa réouverture au culte, la visite suit un parcours dédié aux visiteurs, distinct de l’espace de prière ; l’entrée est payante pour les étrangers et soumise à des horaires. Arrivez tôt le matin pour contempler la nef dans une clarté dorée, ou juste avant le coucher du soleil quand la lumière rase les arcs — moments où la foule est un peu plus fluide. Tenue correcte exigée, sacs de grande taille à éviter.
Au sortir de Sainte-Sophie, restez sur la place pour embrasser d’un regard mille ans d’histoire : l’obélisque de Théodose et l’ancien Hippodrome côté Blue Mosque, les fontaines ottomanes, les vendeurs de simit. Pour gagner du temps, combinez votre passage avec la Citerne Basilique (à deux minutes à pied) et le musée des Arts turcs et islamiques qui borde l’hippodrome.

Admirer la Mosquée Bleue (Sultanahmet Camii)
Visiter la Blue Mosque, c’est entrer dans un écrin d’Iznik : près de 20 000 carreaux bleus et un ciel de calottes qui se répondent. L’accès est gratuit mais suspendu pendant les cinq prières quotidiennes et le vendredi midi : anticipez et visez la matinée (hors vendredi) ou la fin d’après-midi. Prévoyez une tenue couvrante ; des foulards et sarongs sont prêtés ou vendus sur place. Retirez vos chaussures et glissez-les dans un sac fourni à l’entrée.
En ressortant, promenez-vous autour de la cour à arcades et le long de l’esplanade jusqu’aux fontaines ; la perspective sur les six minarets est l’une des images emblématiques de la ville. Un café sur la terrasse d’un hôtel voisin peut offrir un panorama apaisé si la file est dense en haute saison.

Explorer Topkapı, le palais des sultans (avec le Harem et Sainte-Irène)
Perdez-vous dans les cours et kiosques du palais de Topkapı : cuisines immenses, reliques, trésors, salles aux faïences éblouissantes… Le Harem mérite absolument le supplément (pièces plus intimes, pavillons princiers), tout comme l’église Sainte-Irène dans l’enceinte. Le Museum Pass Istanbul couvre ces sites ; vérifiez les conditions et horaires la veille. Arrivez à l’ouverture et filez d’abord au Harem pour éviter l’affluence.
Depuis les terrasses supérieures, la vue sur le Bosphore et la mer de Marmara rappelle pourquoi les sultans y ont résidé quatre siècles. En sortant, planifiez une pause au parc Gülhane, adossé au palais, pour un thé à l’ombre des platanes.

Découvrir la Citerne Basilique (Yerebatan Sarnıcı)
Sous les pavés de Sultanahmet, la Citerne Basilique : une forêt de 336 colonnes, lumière rasante, reflets sur l’eau et têtes de Méduse. La scénographie récente met en valeur les volumes et accueille ponctuellement des œuvres contemporaines. Ouverte tous les jours, elle se visite aussi le soir : ambiance plus mystérieuse et souvent moins de monde. Le paiement se fait par carte/İstanbulkart.
Astuce : achetez vos billets à l’avance et arrivez juste avant l’ouverture ou après 19 h pour des photos sans foule. Combinez avec Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue pour un trio historique concentré dans un rayon de 500 m.

Faire une croisière sur le Bosphore avec Şehir Hatları
Pour comprendre Istanbul, il faut la voir depuis l’eau. Les ferries publics Şehir Hatları proposent des croisières « courte » et « longue » : la longue pousse jusqu’à Anadolu Kavağı, petit port au nord où l’on déjeune poisson avant le retour. C’est l’option locale, économique et conviviale. Consultez les horaires (variables selon la saison) et embarquez à Eminönü ; prenez place sur le pont pour longer palais, yali, forteresses et ponts.
Alternative : un trajet en ferry régulier au crépuscule entre Karaköy et Kadıköy donne, pour quelques liras, un spectacle de lumière sur la vieille ville et la tour de Léandre — parfait si vous manquez de temps.

Aller à tour de Galata et dans les ruelles de Karaköy
Symbole de la skyline, la tour de Galata a rouvert après restauration : l’ascenseur mène à une terrasse circulaire avec panorama à 360° sur la Corne d’Or et le Bosphore. Montez tôt le matin ou juste avant le coucher de soleil. Les rues en pente autour de Galata et Karaköy mixent cafés, pâtisseries, ateliers d’art et façades XIXe rénovées — un condensé de l’Istanbul bohème.
Poussez jusqu’à la passerelle vers Karaköy, puis au front de mer de Galataport, où s’alignent promenades, musées et terrasses. C’est aussi par là que se trouve l’entrée d’Istanbul Modern, nouveau vaisseau culturel signé Renzo Piano.

Découvrir Istanbul Modern & Galataport, la vitrine contemporaine
Réinstallé en 2023 dans un bâtiment Renzo Piano, Istanbul Modern explore la création turque et internationale entre expositions temporaires, photo et cinéma. Les volumes, les baies ouvertes sur le Bosphore et la librairie en font une halte idéale entre deux promenades. Réservez si une expo phare se tient pendant votre séjour.
À deux pas, Galataport a rendu au public un kilomètre de quai : promenade bordée de cafés, œuvres d’art public, accès au terminal croisière enterré — une prouesse d’ingénierie qui a reconfiguré le littoral. En fin de journée, l’ambiance est particulièrement agréable.

Voyager dans le temps au Grand Bazar et au Marché aux Épices
Le Grand Bazar (Kapalıçarşı) : dédale couvert de 4 000 échoppes, tapis, cuivres et joailliers. Allez-y tôt (fermé le dimanche) pour une expérience plus tranquille, discutez les prix avec le sourire, comparez, et perdez-vous — c’est le jeu.
À dix minutes, le Marché aux Épices (Mısır Çarşısı) déroule sa palette de safran, loukoums, thés et fruits secs, avec de belles perspectives sous ses voûtes. Idéal pour les cadeaux comestibles (demandez des emballages hermétiques).

Aller à Kadıköy & Moda : l’art de vivre côté asiatique
Traversez le Bosphore en ferry jusqu’à Kadıköy. Autour du marché aux poissons et des ruelles piétonnes, c’est l’Istanbul des habitants : tavernes (meyhane), cafés de spécialité, glaciers, boutiques indépendantes. Mangez des meze, goûtez un kokoreç (pour les curieux) et flânez jusqu’à Moda pour un coucher de soleil face aux îles.
Le retour en bateau de nuit offre une vue superbe sur les minarets de la vieille ville. Pour une balade plus longue, longez la promenade de Moda vers Kalamış, ponctuée de pelouses et kiosques à thé — parfait pour faire une pause.

Visiter les quartier de Balat et Fener
Entre maisons colorées, escaliers photogéniques et églises orthodoxes, Balat/Fener raconte un Istanbul populaire en pleine (re)mise en valeur. Allez-y en semaine et tôt pour profiter des ruelles calmes et du café en terrasse sans file. Regardez au-delà des spots Instagram : librairies, antiquaires et petites synagogues (visites parfois sur demande) disent l’âme du quartier.
Combinez avec la montée au café Pierre-Loti par le téléphérique TF2 d’Eyüp pour un panorama romantique sur la Corne d’Or, surtout au coucher de soleil.

Pénétrer dans le palais de Dolmabahçe
Construit au XIXe siècle, le palais de Dolmabahçe déploie escaliers de cristal, lustres géants et salons d’apparat. La visite se fait en deux parties (Selamlık et Harem) ; comptez 2–3 h si vous faites l’ensemble. C’est un visage tardif, européen, de l’Empire ottoman — très différent de Topkapı. Réservez en ligne sur le site des Palais nationaux.
Complétez par une promenade jusqu’à Beşiktaş et Ortaköy, entre jetées, mosquées blanches au bord de l’eau et stands de kumpir (pommes de terre farcies) à partager en regardant les bateaux.

Aller dans un Hammam historique (Kılıç Ali Paşa ou Hürrem Sultan)
Rituel signature d’Istanbul, le hammam mêle vapeur, marbre, gommage au kessa et mousse parfumée. Deux adresses patrimoniales : Kılıç Ali Paşa Hamamı (Tophane), chef-d’œuvre de Sinan, et Ayasofya Hürrem Sultan Hamamı (entre Sainte-Sophie et la Blue Mosque). Réservation vivement conseillée ; les établissements fournissent peştamal, savon, serviettes et sandales.
Allez en fin de journée après vos visites : c’est l’instant parfait pour délier les jambes avant un dîner de meze. Certains hammams alternent créneaux femmes/hommes ; vérifiez les horaires.

Naviguez jusqu’aux îles des Princes (Büyükada ou Heybeliada)
Pour une pause au vert, embarquez pour les îles des Princes : plages, pins et villas en bois. Büyükada concentre restaurants et promenades, Heybeliada est plus tranquille. Les véhicules motorisés privés sont interdits ; on se déplace à pied, à vélo ou en navettes électriques. Partez tôt et revenez au coucher du soleil pour la vue sur la skyline.
Depuis Kabataş, plusieurs ferries rejoignent les différentes îles ; consultez les horaires Şehir Hatları et pensez à recharger votre Istanbulkart.

Arpenter le « triangle » Pera – İstiklal – Cihangir
Avenue İstiklal (tramway historique, passages Art nouveau), Pera (Pera Museum, façades fin-de-siècle) et Cihangir (cafés, antiquaires) racontent l’Istanbul cosmopolite du XIXe siècle devenu quartier de créateurs. Entre deux galeries, grimpez sur un rooftop de Beyoğlu pour un verre au soleil couchant ; redescendez par la rue de Galip Dede vers la tour de Galata au son des luthiers.
Pour une touche littéraire et contemporaine, la Maison de l’Innocence d’Orhan Pamuk (musée) est à deux pas, dans les ruelles de Çukurcuma.

Profiter d’un coucher de soleil
Quand la lumière bascule à l’or, placez-vous sur le pont de Galata (pêcheurs, silhouettes sur la Corne d’Or) ou sur la berge de Üsküdar face à la tour de Léandre. Autre option spectaculaire : la terrasse de la tour de Galata ou les belvédères d’Üsküdar et Çamlıca. Les photographes aiment aussi la petite mosquée d’Ortaköy, cadrée par le pont du Bosphore — cliché classique, joie intacte.

Bonus pratique : survivre (et bien vivre) aux foules
Istanbul peut être intense. Achetez les billets en ligne quand c’est possible (Topkapı, Dolmabahçe, Citerne), visez les ouvertures/fin de journée, et utilisez métro/funiculaire pour court-circuiter les embouteillages. La ligne M11 depuis l’aéroport et les ferries Şehir Hatları sont vos alliés anti-bouchons ; la Museum Pass accélère les contrôles à l’entrée des musées d’État.
Voilà, on espère que ce guide des choses à faire à Istanbul vous aura aidé à préparer votre voyage.